Une Nouvelle aire de Chevalerie est arrivée
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Le quatrième degré permet aux Chevaliers de Colomb du troisième degré d'atteindre le sommet de l'ordre Colombien et sont fiers d'en faire partie.
L'Assemblée Père Chaumonot 3404 a été fondée en janvier 2013 par les frères chevaliers de 5 conseils et 2 assemblées sur notre territoire : 4246 Ancienne-Lorette, 9840 Val-Bélair, 11693 Charles-Neuf, 10999 Notre-Dame des Laurentides et 8175 Vanier.
La fondation d'une nouvelle assemblée avait pour but de combler un besoin de plus en plus grandissant, depuis plusieurs années sur notre territoire. De créer une assemblée avec beaucoup d'ouverture et de liberté composée de frères chevaliers proactifs, capables d'affronter avec ardeur les nouveaux défis du millénaire, la vie d'aujourd'hui tant au niveau de leur foi catholique que le désir de faire de ce territoire un monde meilleur.
PIERRE-JOSEPH-MARIE CHAUMONOT (prêtre, jésuite, missionnaire)
Surnoms : Échon ou Héchon
Naissance : 9 mars 1611 à Châtillon-sur-Seine (Côte-d’Or, Bourgogne)
Décès : 21 février 1693 à Québec
Titres principaux : Spécialiste de la langue huronne, cofondateur de la Confrérie de la Sainte-Famille, fondateur de la mission de Notre-Dame-de-Lorette (près de Québec).
En 1688, à la demande du père Claude Dablon, le père Chaumonot écrivit son autobiographie, qui nous permet de connaître à fond ce missionnaire qui demeure, comme l’a écrit Gosselin :
« une des plus belles figures de l’Église du Canada, et l’une des gloires les plus pures de la Compagnie de Jésus. »
Son père était « un pauvre vigneron » et sa mère « une pauvre fille d’un maître d’école ». Après avoir fréquenté l’école de son grand-père, Pierre se présenta chez son oncle, un curé qui voulait en faire un clerc. Mais un compagnon persuada Pierre de le suivre à Beaune où les pères de l’Oratoire enseignaient. Il profita d’une visite de son oncle à l’église pour lui voler 100 sous et prendre la fuite. Ce larcin allait le conduire au noviciat des Jésuites à Rome et ensuite à la mission huronne du Canada.
Sans ressources pécuniaires, et craignant d’« estre montré au doigt comme un larron » s’il retournait à la maison, il décida de « courir en vagabond par le monde. » De Lyon, avec un compagnon de son espèce, il partit pour l’Italie.
Après de multiples aventures, racontées avec pittoresque dans l’autobiographie, Pierre Chaumonot, touché par le sermon d’un père jésuite à Terni (Ombrie), fut présenté au provincial des Jésuites qui l’accepta. Il entra au noviciat de Saint-André, à Rome, le 18 mai 1632. Il avait 21 ans. Six mois après, il fut envoyé avec trois compagnons au nouveau noviciat des Jésuites à Florence où, un an et demi plus tard, il prononça ses vœux. Il voyagea de Florence à Rome, de Rome à Fermo, près de Lorette ; là, il enseigna deux ans et demi tout en réapprenant sa langue maternelle, qu’il avait oubliée.
De retour à Rome pour se préparer à la théologie par la philosophie, il rencontra le père Poncet de La Rivière, jésuite, qui lui fit lire la Relation de 1636 de Brébeuf ; cette lecture le décida à demander de partir pour les missions du Canada. Après diverses instances, il obtint la permission de quitter ses études, de recevoir le sacerdoce au plus tôt et de se rendre en France (21 septembre 1637).
Ordonné vers la fin de 1637 ou au début de 1638, Joseph-Marie dit sa première messe dans une chapelle construite sous le nom et le vocable de la maison de Lorette. C’est à cette époque également qu’il obtint la permission de se prénommer Joseph-Marie, parce qu’il avait une très grande dévotion envers Marie et qu’il avait appris que le Canada était sous la protection de saint Joseph. Presqu’aussitôt après son ordination, le père Chaumonot quitta Rome avec le père Poncet et alla se préparer à sa mission au noviciat de Rouen, tout en faisant sa troisième année de probation.
Finalement, le jour du départ fut fixé au 4 mai 1639, aux quais de Dieppe. La flottille se composait de trois vaisseaux :
L’amiral Saint-Joseph, qui reçut le père Barthélemy Vimont, trois ursulines (dont Marie de l’Incarnation), quatre hospitalières et Mme de Chauvigny de La Peltrie.
Sur les deux autres vaisseaux montèrent le frère Claude Jager, le père Chaumonot, et le père Poncet.
Cette pénible traversée, décrite longuement dans les lettres des religieuses, ne se termina que le 31 juillet au soir ; tous les voyageurs, réunis dans une seule barque à Tadoussac, abordèrent à la pointe occidentale de l’île d’Orléans.
C’est là que, le lendemain matin, la chaloupe de M. Huault de Montmagny, gouverneur de la Nouvelle-France, prit les voyageurs pour les conduire à Québec. Ils furent reçus à bras ouverts, car, selon le père Paul Le Jeune, la colonie recevait « un college de Jesuites, une maison d’Hospitalieres, et un Couvent d’Ursulines ». Les voyageurs allèrent droit à l’église ; ils chantèrent le Te Deum, entendirent la messe et communièrent, puis dînèrent chez le gouverneur. Les Québécois chômèrent ce jour-là en l’honneur des arrivants qui, dès le lendemain, visitèrent la ville et ses environs. Les pères Poncet et Chaumonot y enregistrèrent leurs premiers baptêmes d’Indiens.
Dès le 3 août 1639, Chaumonot partait de Québec avec le père Poncet pour le pays des Hurons. Ce voyage s'acheva le 10 septembre 1639 au lac Isiaragui. Le père Chaumonot fut adjoint aux pères François Du Peron et Paul Ragueneau à l’ancienne résidence centrale à Ossossané, devenue « Mission de la Conception ».
Les débuts furent pénibles à cause surtout « d’une espèce de petite vérole » qui décimait la population et dont les pères étaient tenus responsables par les sorciers. Entre cette première mission et son départ pour la nation des Neutres, Chaumonot fit un court séjour chez les Ahrendarrhonons à la mission Saint-Jean-Baptiste (Cahiagué) sous la direction du père Antoine Daniel (printemps 1640) pour apprendre la langue huronne.
Le père Daniel lui donna ce conseil : « Il falloit que j’allasse tous les jours dans un certain nombre de cabanes pour demander aux sauvages les mots de leur langue et pour écrire, lorsque l’on me les suggeroit ».
C’est dans des cabanes malpropres et au sein de mille railleries que les missionnaires devaient apprendre cette langue, « la plus difficile de toutes celles de l’Amérique Septentrionale ». Il fut récompensé de son travail :
« Tous les Jésuites qui apprendront jamais le huron, l’apprendront à la faveur des préceptes, des racines, des discours et de plusieurs beaux ouvrages qu’il nous a laissés [...]. Les Indiens eux-mêmes avouaient qu’il la parlait mieux qu’eux. » Il en a même composé une Grammaire très utile.
Sa vie ne sera plus qu’une longue suite de déplacements au milieu des pires difficultés :
1640 - 1641 : Chez les Neutres avec Jean de Brébeuf.
1641 - 1643 : Séjours à Saint-Jean-Baptiste, Saint-Joseph II et Saint-Michel. À Saint-Joseph II, le père Daniel lui sauve la vie en arrachant la hache d'un Indien prêt à l'assommer.
1643 - 1645 : Travail à Saint-Michel avec le père Du Peron.
1647 - 1649 : Mission Saint-Ignace I avec le père Ménard, puis à La Conception.
Après que les Iroquois eurent lancé leur dernière offensive meurtrière en 1649 (faisant huit martyrs jésuites), Chaumonot échappa au massacre et ne laissa pas les Hurons. Il se réfugia avec eux chez les Pétuns, à l’île Saint-Joseph, puis ils s'enfuirent vers Québec en 1650, pour s’installer à l’île d’Orléans en 1651.
À la suite d'ambassades de paix, Chaumonot et le père Claude Dablon arrivèrent à Onontagué en novembre 1655. En juillet 1656, ils établirent la mission Sainte-Marie de Gannentaha. Les tracasseries des Iroquois rendant la vie insupportable, ils durent fuir en mars 1658.
Connaissant bien ces Indiens et leur langue, le gouverneur l'envoya souvent en ambassade. En 1662, il se rendit à Montréal pour secourir les habitants. C’est là qu’il fonda, vers 1663, avec la permission de M. Souart et l’aide de Mme d’Ailleboust, la Confrérie de la Sainte-Famille, qu'il établira également à Québec en octobre 1664.
Il continua d'être actif : chapelain de cinq compagnies françaises (1665), au service des Hurons à Notre-Dame-des-Neiges, puis à Côte-Saint-Michel (1669).
Un des plus beaux titres de gloire du père Chaumonot est d’avoir fondé la célèbre mission huronne de Notre-Dame-de-Lorette, à trois lieues de Québec. Depuis son voyage en Italie, il rêvait de bâtir en Nouvelle-France une chapelle sur le modèle de celle de Lorette.
1673 : Les Jésuites accordent aux Indiens leur seigneurie de Saint-Gabriel (rebaptisée Lorette). Construction des premières cabanes.
1674 : Le 16 juillet, le père Claude Dablon pose la première pierre de la chapelle (bénie le 4 novembre, coût de 5 000 livres).
Au début, près de 300 Indiens habitèrent la nouvelle mission dirigée par le père Chaumonot. Seuls ceux qui faisaient ouvertement profession de christianisme y étaient choisis. Lorette devint rapidement un lieu de pèlerinage pour les Français, bien que l'arrivée de trafiquants d'eau-de-vie vint perturber les bonnes mœurs du village.
Le père Chaumonot donna sa démission en 1691, après avoir été le premier religieux à célébrer, à Québec, son jubilé d’or de vie religieuse.
En octobre 1692, la maladie le frappa. Il se retira définitivement au collège des Jésuites de Québec et mourut le 21 février 1693. Il avait 82 ans, et avait travaillé 52 ans en Nouvelle-France.
André Surprenant [P.-J.-M. Chaumonot], Un missionnaire des Hurons : autobiographie du Père Chaumonot de la Compagnie de Jésus et son complément, éd. Félix Martin (Paris, 1885).
Le Père Pierre Chaumonot de la Compagnie de Jésus autobiographie et pièces inédites, éd. Auguste Carayon (Poitiers, 1869).
Quelques remarques sur les vertus du P. de Brébeuf, dans ACSM, Mémoires touchant la mort et les vertus des pères Isaac Jogues, etc. (Ragueneau), repr. RAPQ, 1924–25 : 68s.
La vie du R. P. Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, de la Compagnie de Jésus, Missionnaire dans la Nouvelle-France Ecrite par lui-même par ordre de Son Supérieur, l’an 1688, éd. J. G. Shea (2 vol., New York, 1858).
Marie Guyart de l’Incarnation, Écrits (Jamet).
JR (Thwaites).
Première mission des Jésuites au Canada : lettres et documents inédits, éd. Auguste Carayon (Paris, 1864).
Campbell, Pioneer priests.
Auguste Gosselin, Vie de Mgr de Laval.
Jésuites de la N.-F. (Roustang).
Parkman, Jesuits in North America (29th ed.) ; The old regime (25th ed.), 20–39.
Rochemonteix, Les Jésuites et la N.-F. au XVIIe siècle, I : 399–408 et passim.
André Surprenant, Le Père Pierre-Joseph-Marie Chaumonot, missionnaire de la Huronie, RHAF, VII (1953–54) : 64–87, 241–258, 392–412, 505–523.